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La Génération Y vue par elle-même

par / mardi, 28 février 2012 / Publié dans Non classé
UN LIVRE QU’IL FAUT ABSOLUMENT LIRE !
« La génération Y par elle-même – quand les 18/30 ans réinventent la vie » par Myriam LEVAIN et Julia TISSIER – F. Bourin Editeur (paru en Janvier 2012)La génération Y, cela vous dit quelque chose ? Certes, vous en avez entendu parler mais la connaissez-vous vraiment ? Savez-vous ce qui la « branche » et ce qu’elle rejette catégoriquement ? Vous avez cru le savoir, peut-être, jusqu’à ce que vous lisiez ce livre – je le répète, il faut le lire absolument – écrit par deux jeunes femmes : elles savent de quoi elles parlent, elles en font partie, de cette génération, de ces « digital natives », ceux qui sont nés dans la révolution numérique et surfent sur elle alors que nous peinons sur nos claviers d’ordinateurs…

Mais peut-être sommes-nous déjà en retard car voici que (c’est une des conclusions du livre) sur les talons de ces Y bondit la génération Z, et elle sera, nous prévient-on, « susceptible, incapable de recevoir une critique et toujours en quête d’explications précises ». En clair, les  Z ressemblent aux Y, en encore plus difficiles.
Nous pouvons donc maintenant examiner les caractéristiques principales de cette génération Y avec un peu plus de sérénité, puisque vous voici prévenus : le pire est devant nous !
Individualistes, insolents et instables
Tels sont, pour nos auteurs, les traits dominants de ces Y. Oui, vous avez bien lu : ils sont individualistes, insolents et instables.

  • INDIVIDUALISTES : optimistes pour eux-mêmes mais peu portés sur le collectif, ils revendiquent d’avoir les moyens de faire ce qu’ils veulent, toujours.  Individualistes mais pas associables. Simplement, la loyauté vis-à-vis de l’employeur n’est pas pour eux une valeur, qu’on se le dise…
  • INSOLENTS : ils sont capables de quitter leur job parce qu’il ne leur plaît plus ! Nés dans un système de précarité, ils connaissent donc la musique : puisque rien ne garantit que l’entreprise sera loyale à leur égard, ils estiment qu’ils n’ont pas à l’être non plus ! En clair, cette génération n’accorde à l’entreprise aucune confiance.

Cela ne signifie nullement que leur travail n’a pour eux pas d’importance. C’est juste qu’ils ne dressent pas de cloison étanche entre vie privée et professionnelle.
Alors, s’il est vrai que le salarié « Y » est dans l’impossibilité de couper avec sa vie personnelle une fois devant son ordinateur professionnel, il est, en contrepartie, souvent disponible même en dehors des  heures de travail.

C’est bien l’un des paradoxes de cette génération. Elle veut s’investir et en même temps elle refuse d’être corvéable à merci. Elle protège sa vie privée et en même temps exige de pouvoir s’épanouir au maximum dans son travail.
Par ailleurs, le Y veut toujours comprendre ce qu’on lui demande de faire : en cela, il est bien de la génération « why » (en anglais, la lettre Y se prononce comme le mot « why » = pourquoi…).

Dans l’entreprise, pour  travailler efficacement avec eux, la hiérarchie doit accepter que son autorité ne tienne pas au statut mais à ses compétences et son savoir- faire (OK, nous autres de la génération X avions déjà pris ce virage.)

Une hypothèse formulée par les auteurs est que l’attitude des Y dans l’entreprise ou au travail en général  serait liée à leur éducation « d’enfant roi ». Une fois de plus, parents, vous êtes responsables !

Et vous, dirigeants d’entreprise, attention : aujourd’hui cohabitent trois générations, les baby-boomers, les X et les Y. Mais avec le départ, déjà engagé, des baby-boomers, resteront seulement, bientôt, les X et Y. Vous serez alors face à une composition sociologique nouvelle. Ayant perdu vos éléments stabilisateurs, il vous faudra donc inventer de nouvelles règles du jeu en matière de management. Tout un programme !

  • POUR LES MANAGERS  IL FAUT SAVOIR QUE CES Y SONT INSTABLES « AU BOULOT » pour utiliser le terme des auteurs du livre.

Jamais contents, insaisissables, ils se forment dans un domaine et travaillent dans un autre et se fabriquent des parcours atypiques avec à la clef des CV incohérents.
A leur crédit, effectivement, ils ne savent pas aujourd’hui de quoi demain sera fait !

Ils n’ont jamais connu la prospérité mais uniquement la précarité et le monde «  merveilleux » des stages souvent non rémunérés.
Pour positiver, il faut admettre qu’ils ont une très forte capacité d’adaptation mais avec cette impossibilité de se projeter sur le long terme.

Un leitmotiv pour eux : « ne rien s’interdire, tout est possible » et « profiter du moment présent ».

Ils ont et auront plusieurs vies, ils n’attendent rien de la retraite, surtout à mon avis en termes de capacité financière.

Les auteurs précisent que ce qui les sépare vraiment des générations précédentes, c’est le refus de la formule « souffrir maintenant pour jouir plus tard ».

Dans l’entreprise ils préfèrent le télétravail, donc hors du bureau, loin du « boucan » des open spaces  et de la réunionite.
Par obligation ou peut-être par préférence, ils multiplient les petits boulots et peuvent même en avoir plusieurs en même temps. Ils sont tentés par le « free-lance ».
Et prêts à faire des concessions sur le salaire mais pas sur le contenu du poste.

Pas d’étanchéité : ces attitudes concernent aussi leur vie privée. Pour eux, mobiles en amour,  « le couple c’est un peu comme le CDI, ça ne veut plus dire grand-chose ». « D’ailleurs, dans tous les domaines nous appliquons cette façon de vivre. Travail, amour même combat : nous ne savons pas ce qu’il arrivera demain, donc nous n’avons pas peur du risque. Il est tout relatif puisque nous n’avons pas beaucoup à laisser dans l’Histoire. »

Et les auteurs se posent la question : «  A force de ne croire qu’en soi, la génération Y en aurait-elle oublié de croire tout court ? »
Certes, ils ne votent pas ou peu mais sont  toujours, je pense, socialement responsables, tout  en choisissant d’autres voies que leurs aînés. Ils sont plus tentés par les associations, les réseaux divers souvent « désobéissants », probablement pour exister en faisant quelque chose d’utile, l’utilité telle qu’ils la conçoivent.

Des « adulescents »…

Alors, ils brûlent des voitures, parfois, ça c’est malheureusement vrai. Ils sont incultes ? Peut- être pas complètement.
Ils veulent tout, tout de suite.
Ils boivent et se droguent, ils sont dopés au porno !
En définitive, ce sont de grands enfants. Selon le mot des auteurs, ils sont « adulescents » (adultes + adolescents).

Et voici l’épilogue de ce livre passionnant, j’y insiste : «  Ils n’ont jamais adhéré aux valeurs comme la méritocratie, la loyauté envers l’entreprise ou la possibilité d’un couple durable. Ils ont grandi avec internet, la communication s’en est trouvée bouleversée : instantanéité, simultanéité et banalisation des échanges. »
« Ils sont connectés au monde en permanence pour le meilleur et le pire. »

Enfin,  n’oubliez pas : si vous aimez cette génération « Y »,  vous allez adorer celle qui arrive, la « Z » ! «  Nous tremblons déjà à l’idée de devoir les manager (les Z) dans l’entreprise – ils  seront, eux, ingérables. »

Dépêchons-nous donc de comprendre et gérer aujourd’hui cette génération Y,  si nous ne voulons pas être totalement dépassés par ceux qui arrivent.

C’est un cycle normal, certes, il se répète sans cesse d’une génération à l’autre, mais aujourd’hui, nous le savons, tout va beaucoup, beaucoup plus vite et l’adaptation indispensable doit se mener au grand galop.

Faisons le pari que la génération Y comprendra mieux et plus vite la génération Z.

René-Luc Maisonneuve

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