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Rester ou partir : quelle stratégie de carrière ?

par / vendredi, 24 février 2017 / Publié dans RH

Vous souhaitez faire évoluer votre parcours professionnel, mais vous hésitez entre rester dans votre entreprise actuelle et changer d’air. Comment trancher entre les deux options ? Voici quelques pistes.

Un cadre désireux de « faire avancer » sa carrière peut emprunter de multiples voies : l’alternative n’est pas simplement « soit je monte dans la hiérarchie de mon entreprise, soit je pars ». Élargir ses responsabilités tout en restant au même poste, réaliser une translation horizontale, partir pour une mission à l’étranger ou changer de métier sont également des options à considérer.

En effet, avoir un parcours pluridisciplinaire peut constituer un formidable atout dans une carrière. Notons cependant que celui qui voudra passer des achats au marketing a intérêt à le faire en quelque années dans l’entreprise où il est connu et apprécié, plutôt que de tenter de le faire en changeant d’entreprise : une entreprise extérieure prendra rarement le risque de recruter un candidat pour un domaine dans lequel il n’a jamais travaillé, quelles que soient ses qualités et potentialités. En interne, c’est différent : on connaît la personne, elle a fait ses preuves, elle partage les valeurs et la culture de l’entreprise dont elle maîtrise le fonctionnement, un essai est possible. Et s’il se révèle infructueux, le rebond, toujours au sein de la même structure, sera également plus aisé.

Les grands groupes offrent encore de nombreuses opportunités, il ne faut pas changer pour changer mais savoir attendre, surtout à partir de 50 ans ou d’un certain niveau de poste. Il faut savoir se positionner en interne sur des sujets transversaux, stratégiques, des projets d’avenir. Ils ne manquent pas : passage à l’économie circulaire, collaborative ou de l’usage, recherche de nouveaux viviers de croissance, etc.

Mais surtout, il faut s’efforcer de prendre du recul régulièrement, avoir un objectif professionnel à moyen terme, sortir et « réseauter » de façon continue, et pas simplement quand on commence à en ressentir le besoin, avoir une vie équilibrée, des activités annexes (administrateur, formateur, association professionnelle, etc.). Il convient de se poser des questions quand tout va bien, car on prend de moins bonnes décisions sous trop de pression ou « le nez dans le guidon ».

Lorsque la motivation décroît, qu’on est démotivé, mécontent, frustré, voire malheureux dans son poste, la tentation est grande de « jeter le bébé avec l’eau du bain », alors que la consigne serait plutôt de conserver calme et sang-froid, de voir les choses avec détachement et lucidité. Il convient alors d’aller voir un manager dans lequel on a toute confiance et de lui dire : « je viens vous voir pour que vous m’aidiez à réfléchir : j’aime l’entreprise et ses valeurs, mais je ne progresse plus (et/ou, le cas échéant, je suis en conflit avec mon supérieur hiérarchique). Comment rester dans l’entreprise et continuer à m’y épanouir ? ». Être élégant dans ses propos et ne jamais paraître trop demandeur sont des règles d’or à respecter en la circonstance.

Votre choix de départ, après mûre réflexion, étant arrêté, la question se pose maintenant de savoir où poursuivre votre carrière. C’est alors que vous vous féliciterez d’avoir su entretenir et développer votre réseau professionnel, d’avoir toujours su faire preuve d’ouverture d’esprit, de curiosité et d’agilité intellectuelle.

Mais attention : une fois prise la décision d’évoluer vers d’autres cieux et ses entreprises cibles plus ou moins bien définies, le candidat au départ doit être prêt à investir de 20 à 40 heures par mois pour sa recherche d’emploi ! L’idéal est de rencontrer – idéalement, grâce à son réseau – des personnes travaillant déjà dans l’univers que l’on cible, pour s’informer sur la culture et les valeurs des entreprises principales, leurs projets et objectifs, les compétences et qualités requises pour tel ou tel poste, mais aussi l’ambiance qui y règne et le profil des collaborateurs, afin de maximiser les chances de succès après intégration. Justement, il n’est pas inutile, juste avant de parapher un nouveau contrat, de se poser la question de l’échec : « si mon choix ne se révèle pas judicieux, la tâche sur mon CV sera-t-elle indélébile ? ».

En guise de conclusion, n’oublions pas que l’âge doit entrer en ligne de compte dans la décision « je reste ou je pars ». Il y a quelques années encore, ceux qui étaient prêts à vous embaucher considéraient que, de 25 à 35 ans, c’était l’âge où il fallait acquérir des expériences riches et variées ; de 35 à 45 ans, l’âge auquel on construit autour de ses expériences ; après 45 ans, celui de la récolte. Aujourd’hui, l’évolution démographique et divers tsunamis économiques déplacent ces frontières hier intangibles, diminuent parfois le temps de la récolte et nous poussent à renouveler rapidement les périodes expériences/construction. Le débat « dedans ou dehors » est partiellement dépassé car notre réel terrain de jeu est global. Certes, on peut encore rester 20 ans dans une même entreprise, un même groupe, en changeant de fonction, de pays ou de BU. Certaines études indiquent même que c’est le plus sûr moyen pour en atteindre le sommet. Mais plus le temps passe, plus il est long, voire difficile, de s’adapter à une nouvelle entreprise, et même de faire le deuil de celle qu’on quitte, y compris de sa propre initiative. Voilà une donnée à ne pas négliger.

Thierry JULIENNE
Senior Consultant

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